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Marcher jusqu'au Bout du Monde, juin-Juillet 2016, et au-delà... Préparation et suivi du projet, engagements, soutiens, programmes

LE BOUT DU MONDE N'EST PAS INACCESSIBLE

Marcher jusqu'au Bout du Monde, juin-Juillet 2016, et au-delà... Préparation et suivi du projet, engagements, soutiens, programmes

Monique, une enfance à Argenteuil

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Une vie remplie des transformations du quotidien

Quartier Mazagran, le fief des Italiens

Monique, tu habites aujourd’hui le Val d’Argent Nord. Mais tu es une ancienne d’Argenteuil…

 

Je suis née à Argenteuil (je suis une Argentolienne) en 1931, près des carrières, à côté de Mazagran. Mon grand-père y travaillait. Maintenant, ça a changé parce qu’ils ont agrandi la rue, la grande Rue du Nord. C’était des chemins, ça a été prolongé. Tout cela est méconnaissable. C’était des buttes où nous allions jouer… une enfance très campagnarde malgré la ville toute proche. Dans les années 35-40, un peu avant la guerre, puis à mon retour.

 

On est partis en 42 en centre-ville après la mort de ma grand-mère. Puis quand je me suis mariée je suis revenue dans la même rue, repartie après aux Emmaüs, quartier Sud, puis revenue encore. Cela fait 34 ans maintenant que je suis ici. Le paysage s’est complètement transformé, en particulier depuis une dizaine d’années. Des efforts ont été faits avec le ravalement des façades, la réhabilitation des bâtiments, le jardin sur la dalle…

Argenteuil... dépasser la Dalle (circuit pédestre, 30 mars 2015)

Des maisons insalubres, il y en avait. Une justement, en bas de la butte, dans un petit chemin. On passait là, on avait une peur bleue de la femme qui habitait là, toujours habillée en noir. On est rentré une fois chez elle avec quelqu’un, on en menait pas large ! C’était pas une baraque mais une vraie maison, avec un toit, une porte, quatre murs, une fenêtre ; c’était de la terre battue, il y avait des poules sur le buffet et la table, des lapins… Une fois, je ne sais pas ce qui est arrivé, il a fallu l’emmener à l’hôpital. Je ne sais pas ce qui s’est passé ; il a fallu qu’on la rase : « Il y avait à manger pour tout le monde » !

 

L’occupation allemande…

Elle n’a pas été trop dure dans le coin où on était. La kommandantur était du côté de l’Avenue Maria, c’est-à-dire pas loin du pont neuf, dans une voie privée. Il n’y a pas eu ici de bombardements comme au centre-ville ou du côté de la Seine. Une bombe est tombée à 50 m de chez nous et dans le quartier on se demandait pourquoi elle était tombée là ! C’est plutôt la Grande Rue qui a été très, très abîmée.

Etant enfant, ma sœur était plus âgée que moi, elle avait 6 ans de plus que moi, elle s’est certainement rendue plus compte de ce qui se passait et en a certainement souffert plus que moi. Quand on croisait un Allemand qui nous saluait, on lui répondait sans problème. Il n’y en avait pas beaucoup… Mais qu’est-ce qu’ils étaient beaux !!

On habitait aux pieds des Coteaux et les carrières… Cétait un terrain de jeux ? C’était aussi le terrain de jeu des Allemands. Ils les avaient transformées en terrain d’entraînement. Et puis il y avait les sources, et là, on les a poussés à bout ! Il y avait énormément de sources – qui sont aujourd’hui certainement contrôlées, il suffisait de bouger un caillou, et hop ! y avait de l’eau. Les Allemands avaient bouché beaucoup de trous, nous on les débouchait le soir… Leur capitaine, ou je ne sais qui, ne devait pas être content… on s’est fait engueuler ! Sinon, on ne les voyait pas : ils arrivaient en camion par la Grande Rue, ils y faisaient leurs exercices, un point c’est tout.

Tu me parles de la carrière, du côté de la Rue du Nord. Aujourd’hui, elle n’est plus du tout de ce côté…

 

Les Carrières d'Argenteuil, une histoire d'aujourd'hui

Elle l’a été mais s’est aujourd’hui complètement déplacée. Ils ont fait la piscine à l’endroit où on allait jouer, justement dans ces fameux tunnels. Ils ont tout aplani. Quand je prends le bus je les vois, on voit tout Cormeilles - la ville d’Argenteuil est bien plus loin – avec les grandes buttes de sable à pic. Sur Cormeilles la carrière est maintenant à ciel ouvert. Avant, c’était dans les tunnels, ils  creusaient beaucoup plus loin. Il y avait déjà cette partie ouverte sur la Butte de Cormeilles. On y allait le dimanche souvent se balader, marcher dans la boue, c’était le bon coin…

 

Dis-moi, c’est quoi « les petits wagonnets » ?

Il doit rester un endroit, là-bas, qui doit encore être à pic. Au pied de ces tranchées, il y avait ces fameux tunnels que les ouvriers creusaient pour suivre la veine du gypse. Certains étaient relativement profonds, d’autres seulement d’une dizaine de mètres ; les veines étaient imbriquées. Alors les rails étaient posés de l’entrée du tunnel jusqu’à l’autre côté du boulevard Jean Allemane, jusqu’à l’usine. L’usine de transformation du gypse en plâtre était en sous-sol, et ils y allaient certainement par un souterrain. La locomotive à vapeur était toute petite et les wagons grands comme la table, en forme de cuvette, qu’ils commandaient de la loco pour les faire basculer.

J’étais souvent avec les garçons, il n’y avait pas beaucoup de filles… Et c’était rigolo, ça descendait : on grimpait dans les wagons, les gars y poussaient, y poussaient, et quand on en avait marre on se laissait tomber ; on rentrait avec des bosses. Oui, c’était relativement dangereux ! Les cailloux, c’était comme ceux d’un ballast de voie ferrée, de la grosse caillasse qui coupe. Et puis, ce qu’on aimait bien… le conducteur qui faisait l’aller et retour, pestait quand il ne retrouvait pas tous ses wagons accrochés, ou qu’il y en avait deux ou trois sur la voie.

Les carrières à plâtre - Association Valmorency

On avait le jeudi, on y allait le jeudi et le dimanche c’était un jour plus familial. Ma mère travaillait toute la semaine, y compris le samedi matin, dans une usine de production de petit matériel électrique. Le samedi après-midi, c’était la lessive collective : mes deux tantes, ma grand-mère et nous… les draps, les torchons, les chemises. Quand on essorait, on tournait avec le drap !! Ma grand-mère avait une force : elle grinçait des dents… Quand elle tuait un lapin, il n’avait pas le temps de dire ouf !! J’avais un oncle qui  venait d’Asnières de temps en temps se ravitailler. Il nous appelait les « culs terreux », mais il était content d’avoir des légumes.

Ma grand-mère avait deux terrains, le premier d’à peu près 15 m de côté, dans un chemin qui maintenant est construit, qui a disparu depuis longtemps ; et un autre, beaucoup plus grand, de près de 1.000 m2.. Il y avait de l’herbe pour les lapins, elle était toute seule avec mon grand-père pour s’en occuper. On avait des lapins, des poules, des canards. Je me souviens, quand elle racontait ça elle a toujours regretté de ne pas avoir eu d’appareil photo : en 1925, ma grand-mère a eu trois petites filles la même année : ma mère et deux de mes tantes ont accouché à quelques mois d’intervalle. Elles venaient dans la maison et, naturellement, donnaient le sein à leurs gamines (pour que ce soit plus facile mon grand-père avait coupé les pieds d’une chaise pour qu’elles soient plus allongées et plus confortables que sur une chaise à hauteur normale… On s’en servait nous aussi, et mon autre tante pour tricoter au soleil… elle sortait de la maison, il y avait des canards, des canetons partout autour d’elle et sur ses genoux. Ah, je devais avoir 3 ou 4 ans, un coq qui était aussi grand que moi m’a poursuivie dans la cour… j’ai eu très peur ce jour-là ! Quand ma grand-mère me disait d’aller voir dans la cave s’il n’y avait pas des œufs, j’y regardais à deux fois… il défendait son territoire.

Je cavalais tout le temps. Ma sœur était plus posée que moi. Ma mère travaillait, comme elle était veuve. Mon père est mort, j’avais cinq semaines. C’est ma grand-mère qui s’occupait de nous. Ma mère travaillait toute la journée. Elle était dans une usine, là où il y a eu Kléber Colombes, derrière la gare. Mes tantes travaillaient aussi dans la même usine, chez Gardy, ils faisaient des trucs électriques en porcelaine. Ma mère était au service du personnel, une de mes tantes à la comptabilité, l’autre faisait des moulages de je ne sais quoi…c’était du petit matériel électrique, des transformateurs, quelque chose comme ça. Elle travaillait toute la semaine, souvent le samedi matin et le samedi après-midi elle faisait la lessive. Il y avait la lessive de mes tantes, mes grands-parents, mes cousins, ma sœur et moi !

Vie de famille, vie de quartier

Mes deux grands-parents étaient super, toujours en train de rigoler, on faisait ce qu’on voulait avec eux. Souvent ils se disputaient en italien, en dialecte évidemment. Mes deux grands-parents maternels étaient italiens - ma grand-mère paternelle était en Vendée -, ils venaient des environs de Parme, ils étaient nés tous les deux dans le même village, à quelques jours près. Ils sont arrivés en France v ers 1900. Il y avait beaucoup d’Italiens à Argenteuil ; à Mazagran il y en a encore pas mal : Rinaldi, Caliari… plusieurs de mes tantes étaient mariées avec des ItaliensIl y en avait beaucoup dans ma classe. On ne parlait pas italien à la maison, sauf ma grand-mère qui souvent nous interpellait en italien, quelques mots que je comprenais. Tous les commerçants étaient italiens ; à côté de chez nous, Poïatti, c’était le boucher ; l’épicier, le cordonnier était un cousin (Bodilori) d’une de mes cousines…, (ma mère s’est mariée avec un Vendéen ) C’était bien mélangé, quoi… d’autres nationalités aussi, je ne me souviens pas exactement : des polonais, très peu… Mazagran, c’était vraiment le fief des Italiens !!

Dans les écoles il y avait beaucoup d’Italiens, quelques Français, il y avait une polonaise dans ma classe : Aline Goralsky, je me souviens de son nom. Je ne sais plus… Les parents s’étaient bien intégrés. … les Italiens ont eu plus de mal à s’intégrer, comme tous les migrants, puis petit à petit, c’était des gens calmes. Il y a encore aujourd’hui des gens qui habitent dans la maison qu’avaient construit leurs grands-parents. Quand mon grand-père a construit sa maison avec deux copains, ils se mettaient sur le pas de la porte pour se parler, à dix mètres de la rue. Il y avait juste une maison à côté de chez nous, mais pas tout près ; de la porte de la cuisine on pouvait voir jusqu’au bout de la rue, vers Sannois. Maintenant, tout est bouché ! Dans ce quartier il y a eu beaucoup de constructions, des maisons  individuelles, des cités autour de la gare, la cité Champagne, l’espèce de grande banane… Argenteuil s’est énormément transformée après guerre.

Des quartiers mal famés ?

A Mazagran oui, mais pas trop. On sait pas s’il y avait des mauvais garçons. Les Italiens étaient surtout réputés comme gueulards. Ils parlaient fort, au point d’être entendus jusque dans la rue !! Ma grand-mère qui disait à l’une de mes tantes : « Basta cosi » ! (Ferme-la !) a été une fois entendue par une passante qui l’a pris pour elle… Ils faisaient beaucoup de bruit, quand ils jouaient à « la morra » ou aux cartes ; ils braillaient, aux boules ils étaient exubérants !

Antonio Canovi,Argenteuil Creuset d'une petite Italie ...

Mais c’était surtout du côté de la Seine, il y avait des baraques, des vieux trucs, de très vieux bâtiments que la ville a détruit quand ils ont percé l’avenue Gabriel Péri de la Seine jusqu’à la mairie. Mon beau-père me disait souvent que si les arbres de l’île pouvaient parler … Il y a très longtemps, un peu avant 1900, lorsque la Seine passait un bras de chaque côté de ce qu’on appelait « l’Ile », là où il y a maintenant le marché. Puis vers 1850 ils ont comblé cette partie de Seine. Argenteuil allait jusqu’au Garac (boulevard Gallieni), après c’était la campagne où tous les peintres venaient travailler..

Rue de la Chaussée à Argenteuil  (« Paul Vaillant-Couturier » de nos jours) Sisley, 1872
 

Les transformations du Val d’Argent ?

Val d'Argent, Argenteuil d'une ville à l'autre

Exposition installée, avec le Concours du Service du patrimpoine de la ville d'Argenteuil, à la Maison pour tous du Val d'Argent Nord, mai-jun 2015

 

J’étais au Val Sud, je n’ai donc pas tout suivi. On a vu pousser les immeubles. Parfois quatre ou cinq bâtiments poussaient en même temps, des agglo, mais aussi la zone industrielle,à une vitesse folle. Et puis, petit à petit, surtout à la gare de triage… beaucoup gagnaient sur les champs. Ici, au Val d’Argent Nord, c’était des champs. Ma mère qui a été placeuse au cinéma connaissait beaucoup de monde et avait pas mal d’amis au centre-ville ; de temps en temps j’allais chez eux et on allait se promener… On cueillait des pommes, des poires, c’était des vergers surtout, quelques champs d’asperges mais c’était trop fragile pour une simple cueillette (il faut savoir les choisir, il faut les couper soigneusement…) Avant qu’ils fassent la gare, vers 1968/70, pour aller de la gare du Val jusqu’au bout de la grande avenue, on devait passer trois passages à niveau, la ligne de Saint Lazare plus les voies des trains de marchandise. La gare a été construite un petit peu après les bâtiments ; il n’y avait pas encore de commerces. En 1980 la dalle était finie mais d’autres bâtiments ont encore été construits.

Argenteuil... dépasser la Dalle (circuit pédestre, 30 mars 2015)

Découverte du patrimoine de la ville d'Argenteuil - IEN ...

Dans la carrière,  il y a eu aussi du moto cross après guerre. ça esquinte tout. Le dimanche, je me souviens, mon grand-père avait un pantalon de velours côtelé avec l’énorme ceinture rouge, le chapeau, se baladait. On voyait les familles, le dimanche, le père les mains dans la ceinture, les gosses ne donnaient pas la main au père. Le pater familias était devant. Beaucoup de familles se promenaient ainsi : c’était la grande sortie ; comme d’aller au marché, sur le boulevard Héloise, 20 à 25 minutes pour y aller. On y allait pas tous les dimanches, on y allait pas souvent… on avait des oranges l’hiver et l’été des citrons. Quand j’entends bourdonner les abeilles j’ai immédiatement le goût de la citronnade que faisait ma grand-mère dans de grands pots… une réminiscence !! Elle était bonne cuisinière, ma grand-mère : des pâtes, la poule au pot, elle coupait les pâtes sur la table de la cuisine puis faisait des espèces de raviolis, cuits à l’eau puis servis dans le fond de la soupière, dans le bouillon de poule, avec du parmesan… Il n’y avait pas de fainéants. On était moins difficiles que maintenant, on pouvait manger plusieurs fois la même soupe, c’était pas gênant. Aujourd’hui des pommes de terre, demain des pâtes, puis des pommes de terre… On dit aujourd’hui qu’il faut tout équilibrer… La salade, l’estragon, la ciboulette venaient du jardin !

Chaque famille avait son petit pavillon. Mon grand-père, pour son travail,  allait à Paris tous les jours. Il avait un attelage de quatre chevaux et allait tous les jours du côté du quai de Javel pour porter ses plaques de plâtre (chez Pauliet et Chausson, en face de l’entrepôt, des petites maisons avaient été construites avec juste une fenêtre, une porte, peut-être un fourneau), un grand plateau de plusieurs tonnes, l’équivalent d’un camion de 15t. Les sacs de plâtre devaient faire de 15 à 20 kg. Il devait faire un aller-retour par jour, parce que Paris est relativement loin, à 10 ou 15 km. . C’est ma tante qui nous racontait ça J’avais neuf ans quand mes grands parents sont morts : il est mort le 10 janvier 1940, il y avait de la neige ; ma grand-mère le 3 décembre 1941, deux ans après.

Exode, juin 1940

Je me souviens : on est parti, ma mère travaillait à Sully-sur-Loire ; elle était en déplacement à Sully (comptable, elle était souvent en déplacement à Sully et à Chalon-sur-Saône). Les Allemands n’étaient pas loin. Un jour, on a su que ses collègues préparaient l’exode de leur entreprise, tout dans un camion pour rejoindre Sully. « Ben tiens, prenez la gosse, tu nous l’emmènes » ! Ma tante m’a alors donné mon ballon, des affaires d’hiver, et hop je suis partie. On a couché à Fontainebleau et le lendemain on est arrivé à Sully-sur-Loire. J’ai vu arriver ma mère qui m’a demandé où était ma grand-mère et mes tantes. Elles ne sont jamais arrivées parce qu’elles ne sont jamais parties !! Elles avaient libéré les lapins et les poules, tout abandonné, mais, arrivées au pont blanc (sur la route de Sannois) elles se sont arrêtées, doublées par une troupe de soldats français en déroute. Elles sont reparties chez elles pour cueillir des cerises et les ont données aux soldats qui passaient. Voilà leur exode très court

www.larep.fr - Giennois - SULLY-SUR-LOIRE (45600) - Juin ... la semaine sanglante

Avec ma mère, dans un atelier où il y avait beaucoup de blessés, je me rappelle avoir été sidérée… je n’ai vu que du blanc et du rouge.

Après, on a été en Charente-Maritime en camion. On y est resté 8-10 jours, le temps d’attraper des poux (on était dans une bergerie). Mon cousin, mon oncle et ma tante nous avaient rejoints de Saint-Quentin. Mon cousin piquait tout ce qu’il pouvait trouver, des vêtements, etc.… Nous n’avons pas eu de difficultés sur place, on ne mendiait pas et on faisait la queue, ma mère et moi. Puis il a fallu rentrer à Argenteuil, la vie continuait. Ma mère a repris son travail, vacances en juillet-août, puis l’école…  comme si j’étais partie en vacances, des vacances bizarres, pendant dix jours, près de la source de la Garonne.

Colombes

Après guerre : migrations, industrialisation, constructions. A 18 ans je travaillais (j’ai travaillé un mois à Paris…, je peux aller à Paris pour faire des courses, mais y rester une journée, non) chez Alsthom à Colombes. Je préparais les bordereaux d’expédition des gros colis. Toute la famille y travaillait !! Une petite usine coincée entre la Snecma et Kléber, mais les bâtiments étaient énormes, avec trois étages. C’était des plaques de mica, ou du plexiglas, des gros colis. Puis j’ai été mutée dans un autre atelier. Il fallait mettre du vernis avec un gros pinceau sur l’énorme tapis où était posé le mica, puis c’était cuit pour faire de l’isolant. Le mica est très fin, s’effrite, c’est pas commode. J’avais une lame de rasoir, sans protection, pour ébarber le mica au bord du tapis roulant. On travaillait de 6 à 14 ou de 14 à 22 h. Ma sœur était institutrice, et ma tante, qui était chef d’atelier, devait en être jalouse… J’ai dû en faire les frais !

 

 

 

 

 

 

Monique, une enfance à Argenteuil
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GALENSKI-COCHARD Josiane 07/09/2014 09:59

quelle belle interwiev ..... celle-ci me rappelle un peu mon enfance à Colombes !!!!! et la suite aussi